Changements climatiques, Politique, Société
- 8 mars 2010
Équiterre constate encore une fois l’absence de leadership et le manque de vision du gouvernement canadien avec le dépôt du budget 2010 du ministre des Finances Jim Flaherty. Alors que plusieurs pays ont décidé d’investir dans les énergies renouvelables pour développer une économie faible en carbone, le gouvernement Harper, quant à lui, s’obstine toujours à ignorer cet aspect de l’économie. Ce budget constitue le premier test pour les conservateurs depuis l’Accord de Copenhague et ils ont échoué lamentablement », a déclaré Steven Guilbeault coordonnateur général adjoint d’Équiterre.
« Il n’y a que quelques miettes dédiées à l’environnement et à l’économie verte dans ce budget alors que d’autres pays comme la Chine, les Etats-Unis ou la Corée du Sud ont décidé d’investir massivement dans ce secteur. Le Canada en souffrira à long terme car le manque d’investissements notamment dans le développement des énergies renouvelables attirera les investissements vers d’autres pays qui auront su profiter de l’occasion », prévient M. Guilbeault.
Équiterre considère ainsi déplorable la disparition du programme ecoENERGIE, le seul programme dédié au développement et au financement des énergies renouvelables. « Le gouvernement Harper qui aime tant se conformer aux politiques américaines dans le dossier des changements climatiques devrait faire de même dans le domaine des énergies renouvelables. Les Etats-Unis ont investi, per capita, 14 fois plus que le Canada dans les énergies renouvelables en 2009-2010 », explique Monsieur Guilbeault. L’ajout de 8000 mégawatts en énergies renouvelables pourrait créer jusqu’à 8 000 emplois d’ici 2014 (Recommandations relatives au budget 2010 : Investir dans un avenir vert et prospère, www.greenbudget.ca/media_040210_fr.html)
Des fonds minimes pour les changements climatiques
Selon l’entente intervenue à Copenhague, le Canada doit verser de 320 à 420 millions de dollars par année pour financer les efforts en matière de lutte aux changements climatiques, pourtant, rien n’est prévu dans le budget 2010. « Le Canada aurait pu profiter du budget 2010 pour démontrer pour une fois son engagement dans la lutte aux changements climatiques. Alors que le ministre Prentice se disait très satisfait de l’entente de Copenhague et que le discours du Trône d’hier rappelait l’importance de la lutte aux changements climatiques, on voit que le Canada n’est même pas en mesure d’honorer l’accord », déplore Steven Guilbeault.
Finalement, Équiterre se désole de constater l’absence d’investissement dans la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère (FCSCA) qui aurait besoin de 25 millions de dollars par année pour poursuivre ses activités. « Cette fondation joue un rôle essentiel au Canada pour étudier les impacts des changements climatiques. Sans ces recherches, il sera beaucoup plus difficile de déterminer les actions à entreprendre pour réduire les impacts des changements climatiques », explique le porte-parole d’Équiterre. « D’ailleurs, la prévention et l’atténuation des impacts des changements climatiques serait beaucoup moins coûteuse que l’adaptation après coup », ajoute-t-il.
Tags: Changements climatiques · Politique · Société