Polémique autour de la reprise de la pêche japonaise à la baleine

La décision du gouvernement japonais d’allouer plusieurs millions reçus pour reconstruire le pays après le tsunami afin de financer la campagne 2011 de la chasse à la baleine en Antarctique suscite de vives critiques.

Alors que la chasse commerciale aux cétacés est interdite depuis 1986, le Japon vient de reprendre sa pêche annuelle dans l’Antarctique sous couvert de recherches scientifiques.

En février dernier, Tokyo avait pour la première fois écourté d’un mois sa campagne baleinière dans l’Antarctique face aux pressions exercées par l’ONG américaine écologiste Sea Sheperd, après avoir totalisé un cinquième des prises espérées. 172 baleines avaient néanmoins été tuées l’an dernier.

Pour cette campagne 2011, la flotte baleinière a repris la pêche sous protection renforcée des garde-côtes japonais afin de tenter d’empêcher les militants de perturber la chasse des mois à venir. Les organisateurs de la pêche japonaise ont été plus loin en déposant plainte vendredi 9 décembre à Seattle contre l’ONG.

Selon l’association Ifaw opposée à la chasse, la campagne 2011 vise  »jusqu’à 935 baleines de Minke et 50 rorquals communs, une espèce menacée ». Cette reprise de la pêche baleinière a également suscité de nouvelles critiques dans un contexte post-tsunami.

La pêche à la baleine financée par le fonds d’aide au tsunami

Une enveloppe dédiée à la reconstruction des zones touchées par le tsunami servirait à financer la campagne 2011 dans l’Antarctique, selon le quotidien Le Monde. Le gouvernement japonais viendrait en effet d’alllouer 21,1 millions d’euros (2,3 milliards de yens) aux baleiniers afin qu’ils puissent reconstruire leur flotte, fortement touchée par la catastrophe du 11 mars dernier. Une grande partie ira également au déploiement de navires d’escorte de cette flotte.

L’octroi de cette subvention a fait réagir les organisations de protection de l’environnement. Quatorze d’entre elles, dont Greenpeace Japan, avaient adressé dès le 27 octobre une lettre ouverte aux autorités, les appelant à  »ne pas gaspiller l’argent du contribuable dans un programme de chasse à la baleine mais plutôt de le dépenser dans des projets qui aident réellement les populations touchées par le tremblement de terre, le tsunami et la crise nucléaire » provoquée par la catastrophe de Fukushima. L’Agence des pêches japonaise a pourtant confirmé le départ de la flotte. Selon les associations, chaque campagne coûte environ 3 milliards de yens (29,5 millions d’euros) et se termine sur un déficit de 1,9 milliard de yens (18,7 millions d’euros).

Vers un moratoire international ?

Les gouvernements australien, hollandais, néo-zélandais et américains ont fait part de leur côté mardi 13 décembre de leur déception après l’ouverture par le Japon de la chasse à la baleine, selon l’AFP.  »Nous continuons à être résolument opposés à la chasse à la baleine, y compris la prétendue chasse scientifique », ont indiqué les quatre pays, dans une déclaration commune publiée par le département d’Etat américain.  »Nous continuerons à nous battre pour cette cause », ont-ils ajouté réaffirmant leur engagement à imposer « un moratoire international de la pêche à la baleine ».

L’Australie avait déjà saisi en juin 2010 la Cour internationale de justice (CIJ) afin d’obliger le Japon à mettre fin à ce programme de chasse dans l’Antarctique, estimant que l’archipel violait ses « obligations internationales ». La CIJ devrait rendre son verdict à l’horizon 2013.

Outre le Japon, l’Islande et la Norvège continuent également de pratiquer cette chasse. En 2010, les pêcheurs islandais  »ont ainsi tué 148 rorquals communs, une espèce pourtant menacée, et 60 baleines de Minke », selon Ifaw. Tandis que la Norvège établit  »ses propres quotas pour le nombre de baleines pouvant être tuées à des fins commerciales. Ce nombre n’a fait qu’augmenter, passant de 671 baleines de Minke en 2002 à plus de 1.000 aujourd’hui », d’après l’association.

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